Lipizzans

Réflexions sur le dressage

LE JEUNE CHEVAL

La première reflexion se porte naturellement sur le travail du jeune cheval.

Le débourrage est certes la phase la plus déterminante pour l'avenir. Elle ne constitue en aucun cas, comme bien trop souvent comprise, l'étape où le jeune cheval accepte de porter son cavalier. Il s'agit de mettre le cheval dans une condition physique et psychique qui lui permettront de supporter la contrainte des différents exercices futurs.

 

Un apprentissage en longe, sans le cavalier, de trois mois environ, est nécessaire. Tout d'abord sans enrênements, sur de grands cercles, aux trois allures. Quand celles-ci sont stables et cadencées, on peut alors enseigner le travail avec les enrênements.

   

Ce travail est très délicat car il est important que l'élève ne s'affole pas et reste bien en avant, en commençant à se fléchir dans l'ensemble, en voûtant le dos. En ce qui me concerne, je procède comme suit. Tout d'abord mettre l'enrênement du côté externe, ajusté sans contrainte, de sorte à éviter tout affolement et acculement. Bien mettre en avant aux trois allures et des deux côtés. De ce fait on inculque très vite la notion des aides externes et ce qui est en résulte sont les notions “cheval vertical”, “cheval fléchi”, “cheval incurvé”, soucis constants dans la carrière de tout cavalier.

   

Ensuite les deux côtés enrênés, un peu plus ajustés mais jamais à l'excès. Le but est de mettre le cheval dans le “couloir des aides” et non de lui infliger un moment désagréable.

 

Enfin, on exécute la même chose avec le cavalier après l'acceptation de celui-ci ce qui nous permettra, avec l'aide du longeur, de mettre les aides en place.

   

Cette “recette” un peu longue au départ aura pour avantage d'avoir dès les débuts du travail un cheval en place, cadencé, incurvé, qui reste placé dans le mouvement en avant. De sorte que dès la première année, on obtiendra les “épaules en dedans” avec un pli correct, sans passer par ce qui, à mon sens ,est une abberration, à savoir la “cession à la jambe”.

   

Bien entendu, le cheval de trois ans et demi / quatre ans, normalement constitué et bien nourri, nous gratifiera de quelques excès et résistances. S'il faut répondre c'est en agissant avec fermeté mais jamais avec violence. Faire céder et ensuite céder. Toujours revenir dans le calme et la bonne humeur. Ne pas transmettre sa mauvaise humeur à son cheval est la meilleure école.

   

En illustration, Nausicaa, 4 ans et 10 mois de travail, en longe et montée aux trois allures.

            




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